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 Buchères (10)

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MessageSujet: Buchères (10)   Mar 25 Mai 2010 - 8:11

Buchères, coquet village de Champagne à 7 km. de Troyes, devait connaître la destruction totale et le massacre de nombreux habitants, le 24 Août 1944.

Les causes et les circonstances du drame sont exposés avec une tragique simplicité dans le rapport que M. le Maire de Buchères a bien voulu nous communiquer :

Des éléments F.F.I., une quarantaine environ, vinrent prendre position à Buchères, le mercredi 23 Août dans l'après-midi; ils pratiquèrent aussitôt des abattis d'arbres à travers la route N° 71, la route de Chaouce, le chemin neuf et la voie des Aulnes, de façon à rendre impossible tout passage de convoi. Pour ce travail, ils recrutèrent dans le pays de nombreux volontaires qui ne se firent pas prier. Un chef vint à la mairie demander au maire d'assurer une garde de 20 hommes pour 10 arbres abattus. Cette garde avait pour mission de virer les arbres le long de l'accotement dès que l'ordre en serait donné, c'est-à-dire à l'arrivée des Américains. Elle fut aisément mise sur pied, et fut même renforcée de nombreux volontaires qui s'offraient spontanément. L'enthousiasme était générai, on attendait les Américains d'un moment à l'autre.

La nuit vint. Elle ne fut marquée par aucun événement ; les Américains n'arrivaient pas. L'enthousiasme faisait place à l'anxiété. Les F.F.I. répondaient évasivement à ceux qui les questionnaient; ; ils comptaient sur des renforts. Chacun, par devers soi, redoutait les pires complications.. Elles ne devaient pas tarder à se produire. Vers 8 h. 1 2, le matin, un side-car et un camion allemands venant de Troyes, se présentèrent sur la route nationale. D'aussi loin qu'ils les aperçurent, les F.F.I. ouvrirent le feu nourri sur les véhicules qui stoppèrent à bonne distance, et firent demi-tour, à l'exception d'un occupant, tué.

Vers midi, une batterie d'artillerie commença d'arroser copieusement le village, tandis qu'une unité de S.S. entreprenait systématiquement la mise à feu et à sang de tout le village, tuant hommes, femmes, enfants, vieillards, réfugiés dans leurs tranchées familiales, allumant des incendies à la torche et à la grenade, carbonisant ceux qui étaient restés dans leur demeure. Commencé à l'extrémité de Gourgerennes, chez M. RENARD et M. VERMANT, le massacre se poursuivit chez M. BABEAU et M. LANNEAU, s'étendant à la R. N. jusque chez M. BALLETREY et au-delà de l'Hozain chez MM. BROCHE, FINFROCK et FOISSIER pour revenir vers l'agglomération principale, en passant par les maisons CHAUME, DEGOIZÉ, FROMONNOT, BLANC Anatole et en remontant au groupe scolaire. Les F.F.I. s'étaient repliés sans doute sur Bar-sur-Seine.

Cette épouvantable tuerie cessa sur l'ordre de l'officier, à la hauteur de la maison THÉPÉNIER. Le lieutenant-colonel GÉRARD, de l'armée de l'armistice, fixé à Buchères chez M. SIMON, intervient ensuite auprès de lui pour lui souligner le caractère paisible de la population et éviter que tous les hommes habitant la région du carrefour de Maison-Blanche et qui furent alors rassemblés dans la maison BRISSON, pour subir un interrogatoire individuel ne soient fusillés. Au bout de deux heures environ, ils furent relâchés, avec la menace formelle que le reste du village et de la population seraient détruits si les F.F.I. reparaissaient.

Aussitôt après commença le sauvetage des victimes. Les blessés (hommes, femmes et enfants) furent rassemblés à l'école où ils reçurent les premiers soins, en attendant l'arrivée du docteur SCAPULA.

Dans la soirée, quelques F.F.I. revinrent prendre position et se mirent à tirailler, au grand émoi de la population qui s'enfuit aussitôt atterrée dans les villages voisins, tandis que deux ou trois jeunes gens connus des F.F.I. allaient les supplier de ne plus intervenir dans de semblables conditions et que, à l'école, les blessés demeuraient abandonnés, sous la seule garde de Mme FARINET ; la nuit se passa sans incident.

Le vendredi matin, de nouvelles unités de F.F.I. occupaient le village, ayant l'allure de troupes organisées et disciplinées, d'une correction parfaite.

Le triste bilan de cette journée s'établissait ainsi :

67 tués dont 17 enfants de moins de 14 ans.

5 jeunes filles de moins de 21 ans,

3 jeunes gens dont 2 F.F.I.

22 femmes.

18 blessés, dont 7 blessés graves.

27 maisons incendiées.

Par un juste retour des choses, ce sont des prisonniers allemands qui relèvent les ruines, causées par leurs frères, punition bien légère à la vérité...

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MessageSujet: Re: Buchères (10)   Jeu 27 Mai 2010 - 0:21

Merci pour ce bel hommage pour tous ces inconnus.

Avec le recul de l'Histoire, on s'aperçoit qu'il a plein d'autres villages martyrs et que les Allemands toutes troupes confondus se sont adonné à leur sauvagerie partout où ils ont pu le faire !

Merci beaucoup pour ce travail de qualité.

Sincères amitiés...
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Buchères (10)
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