Maquisards de France

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 décès de Pierre DAMIANI

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MessageSujet: décès de Pierre DAMIANI    Lun 24 Jan 2011 - 18:21

c'est avec une grande peine que nous vous annonçons que le 10 janvier 2011 un grand Monsieur du maquis de Bir Hakeim nous a quitter.
rendons hommage a Pierre DAMIANI (dit "Popeye", rescapé du combat de la parade.)
Paix a son âme .

No salu salu salu salu salu
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Daffy
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MessageSujet: Re: décès de Pierre DAMIANI    Lun 24 Jan 2011 - 20:29

No No No No

Je comprends mieux pourquoi on arrivais pas à le joindre No

Le dernier rescapé du combat de la Parade nous a quitté.

Paix à son Ame
salu salu salu




Photographie prise fin 1944 - début 1945


Pierre Damiani dit "Popeye" naît le 28 septembre 1928 à Paris dans une famille modeste, foncièrement républicaine et laïque. Il est petit-fils de cheminot du côté paternel et d'un petit artisan du côté maternel. Son père, né à Lunel (Hérault) et installé à Paris dans le 9e arrondissement, monte des postes de TSF, industrie en pleine expansion à cette époque. Sa mère tient un magasin. Il fréquente l'école primaire et obtient le certificat d'études.

Lors de la déclaration de guerre, il est en vacances en Corse. A son retour, il retrouve son père mobilisé à la poudrerie de Saint Chamas (Bouches-du-Rhône). Ce dernier, franc-maçon, analyse bien les événements et, sans attendre, replie sa famille sur Issoire (Puy-de-Dôme) où vivent les grands parents.

C'est là que, lors de la débâcle et de l'arrivée des réfugiés, Pierre est choqué par l'attitude de certains habitants vis à vis de ces gens désespérés qu'ils accueillent parfois comme des étrangers indésirables. Il fait son possible pour les secourir. Déjà en 1936, sa famille a recueilli deux petites réfugiées espagnoles avec qui il a vécu plusieurs mois.



Il ressent la signature de l'armistice comme une capitulation et, de retour à Paris occupé, la présence des Allemands est difficilement supportable.

Avec son frère Jacques, de trois ans et demi son aîné, ils écoutent Radio Londres, recopient des messages qui, polycopiés, servent de tracts. Son frère tente même de créer avec des amis un mouvement gaulliste. Dénoncé par l'un d'eux, il est arrêté en mai 1941 et condamné à un an de prison.

A sa libération, en mai 1942, la famille passe clandestinement la ligne de démarcation et s'établit à Remoulins (Gard). Pierre continue ses études à Montpellier puis à l'École pratique de Nîmes. Son frère, refoulé à la frontière lors d'une tentative de passage en Espagne, poursuit ses activités contre Vichy. Arrêté chez un militant communiste, blessé par balle, il est déporté à Dachau.



Après les congés de Noël 1943, Pierre Damiani entre en contact avec un membre du maquis de La Picharlerie, commune de Saint Etienne Vallée française en Lozère, et à la mi-février1944 décide, avec son ami d'enfance Robert Martin, de le suivre. Le trajet est fait en car jusqu'à Saint-Jean-du-Gard, puis à pied jusqu'à La Picharlerie. Il y trouve une vingtaine de jeunes sous la responsabilité d'Adrien Toussaint dit "Tout Petit".

Vers la mi-mars 1944, Jean Capel dit "commandant Barot", son adjoint Christian de Roquemaurel dit "RM" et leurs hommes formant le maquis Bir Hakeim, s'installent à La Picharlerie. Il est convenu que chaque groupe garde son autonomie et sa liberté d'action mais, séduits par le dynamisme des chefs de Bir Hakeim, par l'équipement et l'armement des hommes, "Popeye" et ses amis du groupe Toussaint s'intègrent à Bir Hakeim. Pierre est aussi très impressionné par les hommes du maquis voisin du Galabertès, anciens des Brigades internationales, combattants aguerris, placés sous l'autorité du capitaine François Rouan dit "Montaigne". Le 7 avril, des hommes de Bir Hakeim interceptent à la sortie de village, un véhicule de Feldgendarmes dont trois occupants sont tués et le quatrième fait prisonnier. Dans la nuit du 7 au 8 avril, Pierre fait partie du groupe avancé au pont de Négase. C'est pour lui le baptême du feu face à deux compagnies de l'Öst Légion renforcées par une section de GMR.



Au cours de cet engagement, deux camarades de Pierre, Aimé Sauvebois dit "Jimmy", blessé, et Francis Gaussen dit "Lacaze" de Nîmes, sont capturés. Ils sont fusillés à Montpellier le 31 mai 1944. Le mercredi 12 avril, la 9e Panzer Division Hohenstaufen encercle la région occupée par les maquis de La Picharlerie et du Galabertès et engage le combat. De part et d'autre la fusillade se maintient fort vive jusqu'au soir. Dans la nuit, bénéficiant d'un gros orage, les maquisards se replient vers la ferme du Castanier sur la route de la corniche des Cévennes et échappent à l'ennemi. Le surlendemain, la menace d'une attaque des GMR et de la Milice se précisant, Bir Hakeim se déplace du Castanier au château de Fons sur le versant nord de l'Aigoual, puis de Fons à Rabieux dans l'Hérault, de Rabieux à l'Hôtel du Fangas sur l'Aigoual et enfin sur le Causse Méjean.



Pierre Damiani fait partie du groupe qui, de l'Aigoual, regagne à pied La Borie (commune de La Parade) où il arrive après une nuit et un jour de marche, le samedi 27 mai au soir. Dans la nuit, les troupes d'Occupation encerclent le village et, au matin, déclenchent l'attaque contre le maquis qui résiste de son mieux. Vers midi, Pierre Damiani fait partie du groupe commandé par Georges Valézi dit "capitaine Brun" qui tente un repli vers le cimetière. Blessé par une rafale de mitraillette dans les fesses, il suit René Fages, blessé aussi, mais connaissant bien le pays. Un groupe d'Arméniens les laisse passer sans tirer et les voilà à l'abri des bois. Au cours de leur retraite, ils sont reçus chez les Vernet et arrivent au Meynial le lendemain. Monsieur Galtier leur cède son lit et la doctoresse Cabanel vient les soigner. Le pasteur Frank Robert de Meyrueis les fait transporter au Moulin des Ayres chez les Loupiac. Avec la fièvre et la gangrène, l'état de Pierre empire, le pasteur François Chazel de Vébron le prend en charge.

Selon le témoignage de son épouse :"pour le sauver, un gendarme de Saint André de Valborgne va hercher du sérum à Alès en moto et le porte au presbytère de Vébron". Le docteur Miton de Saint André de Valborgne soigne le blessé transporté chez monsieur et madame Thérond, receveur des postes à Saumane (Gard). Convalescent, "Popeye" avertit ses parents de venir le chercher car "il a un gros rhume".



En juillet 1944, son père, agent du BCRA, le charge d'apporter à Perpignan des documents cachés dans le tube de la selle de son vélo. A son retour, il rejoint un maquis dans la Drôme. Il est démobilisé le 27 septembre 1944, la veille de ses seize ans. Il s'engage ensuite pour la durée de la guerre dans la marine et se trouve à Paris, le 8 mai 1945 au défilé de la victoire. En 1948, il épouse Jacqueline Van Roy avec qui il a un fils.

Devenu mécanicien après deux ans d'études à l'Aéronavale, il travaille dans l'industrie mais est bientôt engagé comme employé à la Mutuelle d'Ivry La Fraternelle à Paris (10e). Remarqué pour ses qualités, il obtient le poste de directeur qu'il assure pendant trente-six ans. Il prend sa retraite en 1988 et se retire à Saint Médard en Jalles (Gironde).



Il est chevalier de la Légion d'honneur et titulaire de la médaille militaire, de la croix de guerre (deux citations), de la carte de Combattant volontaire de la Résistance. Fidèle à la cause de la liberté, de la paix, il donne beaucoup de lui-même pour faire connaître aux jeunes générations les valeurs de la Résistance qui ont orienté toute sa vie.
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MessageSujet: Re: décès de Pierre DAMIANI    Mar 25 Jan 2011 - 7:38

En effet, un sacré parcours et c'est encore une bien triste nouvelle que tu nous annonce !

Paix à son âme, qu'il repose en paix et nous nous devons d'honorer sa mémoire et de perpétuer son Histoire et son action dans la Résistance.

Sincères amitiés...

_________________


Tu as 2 devoirs dans la vie :
le 1er c'est de servir ton pays !
le 2ème c'est d'entrer en Résistance si ton pays devient fou !
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